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Paris-Montsouris compte 20,8 jours de gelée par an, Paris-Orly 36,2. Selon votre trajet, vous n'avez pas le même hiver. Voici sept modèles de sept marques qui tiennent, avec les prix lus dans les boutiques françaises le 5 octobre 2026.
Soleback Team
Le sneaker d'hiver ne perd pas contre le froid en France. Il perd contre le zéro. Et il existe une particularité parisienne que personne ne mentionne dans les guides d'achat: selon la station de Météo-France que l'on consulte, Paris n'a pas le même hiver. Les normales 1991-2020 donnent à Paris-Montsouris 20,8 jours de gelée par an, et à Paris-Orly 36,2. Soit 15,4 jours d'écart entre le centre et la périphérie, pour la même ville.
Ce guide est construit à l'envers d'un test classique. D'abord ce qui détruit réellement une chaussure et ce qui décide réellement si vous restez debout sur un trottoir, et seulement ensuite sept modèles de sept marques différentes, réellement disponibles dans les boutiques françaises le 5 octobre 2026, avec les prix de ce jour-là. Tous les prix ont été lus ce jour-là sur les pages des boutiques. Les promotions bougent vite, donc traitez-les comme un repère et non comme une garantie.
Météo-France publie deux stations parisiennes et l'écart entre elles est le fait le plus utile de tout ce guide. Montsouris est au centre, dans l'îlot de chaleur urbain. Orly est en périphérie. Normales 1991-2020:
De ces deux lignes publiées on peut déduire le chiffre qui compte vraiment pour une chaussure, c'est-à-dire le nombre de jours où la température traverse le zéro, parce que l'eau gonfle le matériau en gelant et le sel cristallise en dégelant. Cela donne environ 18,2 jours par an à Montsouris et 32,6 à Orly. Ce sont des valeurs dérivées, Météo-France ne publie pas cet indicateur tel quel.
La conséquence pratique est concrète et elle est propre à Paris. Si vous habitez intra-muros et travaillez intra-muros, votre chaussure subit un hiver. Si votre trajet quotidien sort du périphérique, elle en subit un autre, presque deux fois plus dur en nombre de cycles. Le même modèle acheté par deux personnes de la même ville ne vieillit pas au même rythme.
Le reste des normales confirme que le problème français est au moins autant l'eau que le gel:
Autrement dit: 109 jours de pluie contre 13 jours de neige. La membrane compte plus que la doublure, et cette conclusion est chiffrée.
Ce n'est pas un détail, car cela décide de ce qui arrive à la tige de la chaussure.
Au niveau national, le ministère chargé des Transports indique que 400 000 à 800 000 tonnes de sel sont mobilisées chaque année selon la rigueur de l'hiver, avec près de 7 500 agents disponibles 24 heures sur 24 et plus de 6 000 camions équipés de lames et de saleuses ou d'engins spéciaux. La période de viabilité hivernale court de la mi-novembre à la mi-mars.
Pour l'Île-de-France, la DiRIF publie des chiffres plus précis et plus parlants:
À titre de comparaison régionale, la DIR Est annonce une consommation moyenne de 35 000 tonnes pour 1 211 kilomètres de routes nationales et autoroutes non concédées.
La chimie compte pour vos chaussures, et la France fait un choix différent de celui de la Pologne ou de l'Espagne. Le dossier officiel de la DiRIF décrit le chlorure de sodium comme le composant de base, appliqué soit en grains seuls sur chaussée mouillée, parce que la route fournit déjà l'humidité nécessaire à la réaction, soit en bouillie de sel, c'est-à-dire un mélange de grains et de saumure, sur chaussée sèche ou légèrement humide et en cas de verglas. Ni le chlorure de calcium ni le chlorure de magnésium n'apparaissent dans ce dossier, et les dosages en grammes par mètre carré ne sont pas publiés.
Le document officiel contient une phrase que tout acheteur de chaussures d'hiver devrait connaître: « le sel ne déneige pas ». Saler après une chute de neige est inutile, la seule technique efficace étant d'évacuer la neige. L'action du sel n'est ni immédiate ni durable. Ce qui veut dire que votre chaussure marche sur un mélange de neige tassée et de saumure pendant des heures, et c'est cette saumure qui pénètre la tige.
C'est le passage le plus important de ce guide et il repose sur les données du laboratoire SATRA, spécialisé dans l'essai de chaussures.
SATRA établit deux choses. Premièrement: il n'existe aucune exigence nationale ou internationale concernant l'adhérence des chaussures sur la glace, et la norme EN ISO 13287 dans sa version de 2019 ne comporte pas d'essai sur glace. Deuxièmement, et c'est mesuré: sur glace mouillée à environ zéro degré, le coefficient de frottement tombe sous 0,05. SATRA décrit cela comme l'une des surfaces les plus dangereuses sous le pied et ajoute qu'aucune semelle conventionnelle ne fournira probablement d'adhérence utile dessus.
Pour comparer, sur glace lisse à moins 7 degrés, valeur que SATRA retient comme compromis de travail, différentes semelles se situent entre 0,10 et 0,25, ce qui permet de les distinguer. Sur glace sèche à moins 10 degrés et en dessous, une chaussure tout à fait ordinaire atteint des valeurs élevées.
Appliqué à la France, cela tombe particulièrement mal. Avec des moyennes hivernales parisiennes entre 4,7 et 6,0 degrés, le gel français se produit autour de zéro et non bien en dessous. Quand il gèle à Paris, c'est donc précisément le type de glace que SATRA décrit comme le plus dangereux. Aucun sneaker, même à 200 euros, ne résout le problème de la glace mouillée.
Ce qui le résout est montré par une étude de 2013 de l'organisme allemand d'assurance accidents DGUV, qui a testé des chaussures sur des plaques de glace fabriquées à moins 15 degrés. Résultat: une chaussure avec des fibres de verre intégrées à la semelle et une chaussure à crampons ont donné une résistance au glissement suffisante, tandis qu'une semelle sans crampons ne l'a pas fait, ni sur neige ni sur glace.
Les seuls chiffres de fabricant obtenus par la méthode SATRA TM144 que j'ai trouvés viennent de Hanwag, pour sa semelle IceGrip à particules de verre microscopiques dans les crampons: 0,587 à sec contre 0,497 pour une semelle standard, 0,412 sur mouillé contre 0,326, et 0,474 sur glace contre 0,067. Je dois signaler une contradiction: la valeur 0,474 est nettement supérieure à la plage que SATRA considère comme typique pour la glace lisse à moins 7 degrés, et Hanwag ne précise ni la température de la glace ni sa préparation, donc ces chiffres ne sont pas comparables à la description de SATRA. Je donne les deux versions, car aucune n'est manifestement fausse.
Une mise au point enfin, parce que la confusion est fréquente. Le pictogramme du flocon avec trois sommets concerne exclusivement les pneumatiques et est défini dans le Règlement ONU numéro 117. Il n'existe aucun équivalent pour la chaussure. La norme EN ISO 20345, dans sa révision de 2022, a supprimé les marquages SRA, SRB et SRC pour les remplacer par le seul marquage SR, testé sur carreau céramique avec glycérine. Aucun marquage relatif à la glace n'a été introduit.
L'erreur la plus répandue à l'achat est celle-ci: je prends du GORE-TEX, donc la chaussure sera plus chaude. Une membrane se mesure en micromètres. Sympatex, le seul fabricant à publier ce chiffre, annonce 5 micromètres. Gore ne publie pas l'épaisseur de sa propre membrane.
Une étude publiée en 2025 dans la revue Fashion and Textiles a mesuré l'isolation de onze chaussures de protection avec un mannequin thermique de pied à 21, 0 et moins 5 degrés:
Si 81 pour cent de l'isolation s'explique par l'épaisseur, une couche de cinq micromètres n'apporte aucune chaleur mesurable. La membrane bloque le vent et l'eau extérieure, elle limite donc les pertes, mais elle n'ajoute rien.
Le vrai rôle de la membrane ressort d'une étude de Kuklane, Geng et Holmér de 1998, menée sur huit participants à plus 3, moins 12 et moins 25 degrés. Deux résultats comptent. Premier: à plus 3 degrés il n'y avait aucune différence significative entre les types de chaussures, du cuir simple au modèle doublé. Second: lorsque la chaussure s'est mouillée, le niveau d'isolation a fortement baissé, et les modèles doublés sont retombés, au niveau des orteils, à celui des chaussures de base.
Rapporté aux chiffres parisiens, cela donne la bonne formulation. L'hiver parisien se situe plusieurs degrés au-dessus de la température à partir de laquelle l'isolation commence à compter, et il compte 109 jours de pluie contre 13 de neige. En ville, la membrane n'est pas un complément à la doublure. Elle est l'essentiel, et la doublure est presque sans objet.
Gore propose trois constructions pour la chaussure, et ce sont elles, et non le nom de la marque, qui décident du caractère du modèle:
Au niveau du laminé, Gore distingue des classes. Pour l'hiver urbain, la plus pertinente est Extended Comfort: un laminé sans isolation qui maximise le transfert de chaleur et d'humidité, décrit comme conçu pour le passage constant entre intérieur et extérieur. Cela décrit un trajet en métro avec précision. Performance Comfort est un laminé quatre couches à isolation modérée et la seule classe pour laquelle Gore donne des chiffres: une étanchéité vingt fois supérieure à ce qu'exige la norme ISO 20344 de 2011, une respirabilité jusqu'à six fois supérieure aux valeurs normatives, une perméabilité à la vapeur d'eau du matériau de tige d'au moins 5 milligrammes par centimètre carré et par heure contre 0,8 exigés par la norme, et une résistance du laminé à l'abrasion d'au moins 100 000 mouvements à sec et 50 000 sur mouillé. Insulated Comfort contient une couche isolante nommée GORE-TEX THERMIUM.
Ce que Gore ne publie pas: la colonne d'eau en millimètres, les valeurs RET ou le MVTR pour la chaussure. Le GORE-TEX ne peut donc pas être comparé chiffre par chiffre à ses concurrents.
Les concurrents, justement:
Deux points à rectifier ici. Nike utilise du GORE-TEX sous licence dans ses chaussures, et Storm-FIT est une technologie textile pour le vêtement, pas pour la chaussure. ASICS et New Balance utilisent également du GORE-TEX sous licence dans leurs modèles imperméables, et non une membrane maison.
Le Dunk est la chaussure que vous portez déjà en ville. La version GORE-TEX a une membrane et une tige plus épaisse et plus résistante.
Prix du 5 octobre 2026:
Si l'adhérence compte plus que le style, Snipes a l'Air Force 1 GTX Vibram à 159,99 euros en off noir et en summit white. Le Vibram est ici un vrai changement de gomme et non un autocollant.
Pour une silhouette trail: ACG Zegama Trail GORE-TEX IO7932-002 à 189,99 euros chez Footshop, ACG Pegasus Trail GORE-TEX IQ1084-002 à 169,99 euros, et le ReactX Pegasus Trail 5 GTX SP HQ7494-300 à 107,49 euros au lieu de 164,95 euros.
Acheter chez Footshop, chez Snipes ou voir la sélection hiver de Footshop.
Une précision d'honnêteté: l'Air Force 1 GTX référence CK2630 n'est en vente nulle part en France. La seule offre trouvée affiche 63,02 euros chez BSTN avec la mention « Ce produit est actuellement épuisé dans toutes les tailles », soit zéro taille sur quinze. L'ACG Mountain Fly 2 Low GTX n'existe pas non plus en vente en France.
Footshop liquide le XT-Quest GTX en coloris Almilk et Aloewa, référence L47780900, à 136,49 euros au lieu de 210,00 euros. C'est une baisse de 35 pour cent sur une construction GORE-TEX complète avec semelle Contagrip, et c'est le meilleur rapport de ce guide.
Le reste de la famille Salomon, prix du 5 octobre 2026:
Acheter le XT-Quest GTX chez Footshop, le XT-6 GTX chez Footshop ou chez JD Sports, l'ACS Pro GTX chez Footshop.
Ici je dois être direct sur une limite. Le site newbalance.fr ne laisse pas lire ses prix, ses pages catégories renvoient une erreur d'accès et ses fiches produits affichent le prix par script sans l'inscrire dans la page. Les modèles existent dans son plan de site, notamment le 2002DX Protection Pack GORE-TEX et le Hierro v9 GORE-TEX, mais je ne peux pas en citer le prix sans l'avoir lu.
Ce que l'on peut acheter avec un prix vérifié:
Et ce qui n'existe pas en France, contrairement à d'autres marchés: le MT580 Gore-Tex, le 1906 Gore-Tex et le 2002R Protection Pack Gore-Tex sont absents de tous les catalogues français consultés. Footshop vend bien des 1906 et des 2002R, mais aucun en version Gore-Tex. Le 610v1 GORE-TEX ML610XD apparaît chez BSTN à 113,44 euros mais épuisé.
Acheter le 2010X GTX chez Footshop.
C'est l'écart de prix le plus net de ce guide et il mérite d'être su avant d'acheter. Le même Terrex Freehiker SL GORE-TEX, référence 180690, coûte 125,00 euros chez SportsDirect et 150,00 euros chez JD Sports. Même constat sur le Skychaser GORE-TEX, référence 180753: 125,00 euros chez SportsDirect contre 160,00 euros chez Footshop et JD Sports. Soit 25 à 35 euros d'écart sur des modèles identiques.
Le reste de la gamme, prix du 5 octobre 2026:
Acheter le Freehiker SL chez SportsDirect, le Skychaser chez SportsDirect, le Free Hiker 3 Low chez Footshop ou chez JD Sports.
Le Glenclyffe est la réponse de The North Face au sneaker urbain avec une vraie membrane, et c'est la seule silhouette de la marque disponible en France dans cette catégorie.
Prix du 5 octobre 2026 chez Footshop:
L'absence à signaler: le Back-To-Berkeley IV et le Hedgehog GORE-TEX, tous deux vendus en Allemagne et au Royaume-Uni, ne sont disponibles dans aucune boutique française consultée. Attention aussi à un piège de dénomination: Snipes propose un « Hedgehog 06 RVST » qui n'est pas la version GORE-TEX.
Acheter le Glenclyffe Low Gore-Tex chez Footshop.
Dans toute cette liste, c'est le seul modèle dont le nom contient le mot insulated et qui combine réellement membrane et doublure. Le Sk8-Hi en version MTE a une tige haute qui couvre la cheville, une languette plus épaisse et une doublure plus chaude.
Prix du 5 octobre 2026 chez Footshop:
Deux autres variantes existent en France mais épuisées: le MTE Old Skool chez BSTN et l'UltraRange EXO Hi MTE-2 chez Snipes à 100 euros.
Acheter le Sk8-Hi GORE-TEX Insulated MTE chez Footshop.
Si l'hiver signifie pour vous de longues marches et non le court trajet de la voiture au bureau, c'est ce modèle. La semelle intermédiaire épaisse de HOKA n'est pas seulement du confort en contexte hivernal, c'est aussi plus de matière entre le pied et le béton froid, ce qui compte de façon mesurable vu la corrélation entre isolation et épaisseur des couches.
Prix du 5 octobre 2026 chez Footshop:
Chez Snipes, le Speedcat 7 GTX est à 184,99 euros.
Acheter l'Anacapa 2 Low GTX chez Footshop.
Tout le monde n'a pas besoin d'une chaussure à 200 euros. Ces modèles ont une membrane et un prix réellement bas:
Parcourir: ASICS GEL-Venture 6 GTX chez JD Sports, Gel-Sonoma 8 GTX chez SportsDirect, Columbia Konos OutDry, la collection GORE-TEX de Footpatrol.
Un mot sur KEEN: Footshop vend le Hightrail WP à 140,00 euros et le Targhee Apex Mid WP à 170,00 euros, mais les fiches ne précisent pas le type de membrane, seulement la mention WP. Si la membrane est votre critère, ce n'est pas une information suffisante.
Piège un: footpatrol.fr affiche des livres sterling par défaut. Les prix en euros du marché français ne sont accessibles que sous le chemin /en-fr/. Le paramètre ?currency=EUR donne des prix convertis depuis la livre, par exemple 156,95 euros au lieu des 150,00 euros réels. Ne l'utilisez pas et vérifiez la devise affichée avant de valider un panier.
Piège deux: Courir est inaccessible aux comparateurs. Le site courir.com refuse toute lecture automatisée, y compris de son propre fichier robots.txt, donc aucun prix Courir n'a pu être vérifié pour ce guide. Cela ne dit rien de ses prix, seulement qu'il faut les vérifier soi-même sur place plutôt que de se fier à un comparateur.
Piège un: le daim en novembre. Le daim et le nubuck n'ont pas la couche de finition qui protège le cuir lisse, donc le sel cristallise dans leur structure poreuse. Je n'ai pas trouvé d'étude qui chiffre cette différence, donc traitez-le comme une déduction du mécanisme et non comme un fait mesuré. Le mécanisme lui-même est bien documenté et figure dans la section suivante.
Piège deux: l'indication de température du fabricant. Il n'existe aucune évaluation normalisée de température pour la chaussure. Les sacs de couchage ont la norme EN 13537, les chaussures n'ont pas d'équivalent. La seule chose qui existe est le marquage CI de la norme EN ISO 20345, et c'est un essai de laboratoire: enceinte à moins 17 degrés, trente minutes, charge de quatre kilogrammes de billes d'acier, et l'exigence est que la température à la face supérieure de la semelle de propreté ne baisse pas de plus de 10 degrés. C'est un essai à l'arrêt et non une promesse de fonctionnement jusqu'à moins 17.
Piège trois: croire que la membrane règle l'adhérence. Ce sont deux propriétés totalement indépendantes. La membrane garde la chaussure sèche. Elle n'a rien à voir avec le glissement sur glace mouillée et, d'après les données SATRA, rien à y faire à zéro degré.
Le mécanisme s'appelle pression de cristallisation et ce n'est pas une métaphore mais une force mesurée. Une étude de Desarnaud, Bonn et Shahidzadeh publiée en 2016 dans Scientific Reports indique que pour le chlorure de sodium entre surfaces hydrophiles, la pression de cristallisation atteint environ 220 mégapascals, avec une incertitude de mesure de 50 mégapascals. Pour le chlorure de potassium, environ 30 mégapascals. Le mécanisme repose sur une répulsion électrostatique à travers un film liquide d'environ 1,5 nanomètre d'épaisseur entre le cristal et la paroi.
Et voici la phrase la plus forte que j'aie trouvée en faveur de l'imperméabilisation: lorsque les parois sont rendues hydrophobes, aucune force répulsive n'est détectée. Sur une surface hydrophobe, la pression de cristallisation n'apparaît donc pas. Imperméabiliser n'est pas un rituel mais la suppression de la condition dans laquelle le sel fait éclater le matériau de l'intérieur.
Pour le cuir, le Canadian Conservation Institute, un organisme de conservation, le formule sans détour: la plupart des peaux et des cuirs sont endommagés par un contact direct avec l'eau. Le cuir à tannage végétal durcit et foncit après avoir été mouillé, parfois jusqu'au noir. Le cuir mégissé perd au mouillage les sels utilisés lors de son traitement, ce qui produit un état dur et corné. Le CCI déconseille explicitement de saturer le cuir de graisses et de dressings, parce que les huiles s'oxydent et peuvent provoquer un durcissement et un assombrissement supplémentaires.
Je n'ai trouvé aucun protocole de nettoyage des chaussures salées appuyé sur une étude ou une norme. Les conseils répandus avec une solution de vinaigre à parts égales n'ont aucun fondement scientifique, et l'acide acétique abaisse le pH, ce qui constitue un argument contraire vu la sensibilité du cuir à la chimie. Ce qui reste documentable est une règle simple: ne pas laisser s'installer un cycle non contrôlé de mouillage puis de séchage, ne pas noyer la matière dans la graisse et maintenir la surface hydrophobe.
Gore propose une garantie nommée Guaranteed To Keep You Dry, qui couvre l'imperméabilité, la coupe-vent et la respirabilité. Trois points méritent d'être connus avant l'achat.
Premièrement: la garantie n'est pas illimitée, mais elle n'a pas non plus de durée en années. Elle couvre la durée de vie utile du produit, que Gore définit comme la période pendant laquelle un produit peut raisonnablement fournir les performances attendues au regard de son usage prévu. Gore écrit explicitement que des chaussures de course ont une durée de vie attendue plus courte qu'une veste de haute montagne. La prestation consiste en une réparation, un remplacement ou un remboursement du prix d'achat, la réparation étant prioritaire.
Deuxièmement: la liste d'exclusions contient un point qui concerne précisément l'hiver urbain, à savoir un entretien insuffisant ou le non-respect des consignes d'entretien. Si vous marchez trois mois dans une chaussure salée sans la nettoyer et que la membrane fuit ensuite, c'est exactement cette clause. Sont également exclus les dommages mécaniques, c'est-à-dire les abrasions, les trous et les déchirures, ainsi qu'un revêtement DWR dégradé sur un produit très usé.
Troisièmement, et c'est utile en France: la garantie s'applique dans le pays d'achat, et pour les achats effectués dans l'Union européenne elle couvre tous les États membres. Un achat fait en Allemagne, en Italie ou en Espagne reste donc couvert depuis la France.
Si vous cherchez une chaussure avec une vraie doublure et pas seulement une membrane, deux matériaux publient des données:
Je ne compare pas directement ces deux matériaux, parce que les unités diffèrent, l'un donnant des clo absolus et l'autre des clo par unité de grammage, et une conversion exigerait des hypothèses.
Ces valeurs doivent être rapprochées de l'étude citée plus haut: une chaussure de protection complète, y compris les modèles destinés au froid extrême, se situe entre 0,9 et 1,2 clo. Un sneaker bas a un paquet de couches plus mince que n'importe lequel d'entre eux. Si quelqu'un vous promet donc du confort jusqu'à moins 20 degrés dans une chaussure basse, il le fait sans méthode normalisée.
Enfin la laine mérinos, parce qu'elle apparaît dans les descriptions de semelles de propreté. Toutes les données disponibles viennent de Woolmark, une organisation professionnelle des producteurs de laine, et c'est ainsi qu'il faut les lire. La laine absorberait jusqu'à 35 pour cent de son poids en humidité avant d'être perçue comme mouillée, et transporterait 25 pour cent d'humidité en plus que le polyester. Dans un test de microclimat mesuré à 5 degrés et 85 pour cent d'humidité, des vestes à garnissage de laine ont donné 31,9 degrés à la peau contre 32,5 pour le polyester, donc sur cette mesure précise le polyester est ressorti légèrement plus chaud. Je n'ai trouvé aucune mesure indépendante confirmant les données Woolmark.
Il n'existe pas d'étude sur ce point, donc je le donne comme une déduction du mécanisme et non comme un fait mesuré. Si 81 pour cent de l'isolation d'une chaussure s'explique par l'épaisseur du paquet de couches, une chaussette plus épaisse améliore réellement l'isolation. Mais seulement si elle a de la place. Une chaussure prise juste à la limite comprime la couche, donc réduit son épaisseur, donc dégrade précisément ce que la chaussette devait améliorer.
Les conséquences pratiques:
Deux choses pèsent ici plus que le choix du modèle.
Premièrement: les mêmes modèles coûtent des montants très différents dans les boutiques françaises le même jour. Le Terrex Freehiker SL GORE-TEX est à 125,00 euros chez SportsDirect et 150,00 euros chez JD Sports. Le Terrex Skychaser GORE-TEX est à 125,00 euros chez SportsDirect et 160,00 euros chez Footshop. Le XT-6 GTX est à 179,99 euros chez Snipes et 200,00 euros chez Footshop, JD Sports et Footpatrol. L'ASICS Gel-Venture 6 GTX est à 70,00 euros chez JD Sports et 110,49 euros chez Footshop, pour le même modèle. Un coup d'oeil aux promotions en cours avant d'acheter vaut la minute qu'il prend.
Deuxièmement: le cashback se déduit encore de ces prix. Toutes les boutiques citées dans ce guide, c'est-à-dire Footshop, JD Sports, Snipes, SportsDirect, Footpatrol, BSTN et Courir, sont des boutiques partenaires de Soleback. C'est la différence avec un achat sur nike.com et adidas.fr, qui ne sont pas au programme. Le même Dunk Low GTX acheté chez Footshop génère donc un remboursement, acheté sur le site de la marque il n'en génère pas.
En pratique cela fonctionne le plus simplement avec l'extension pour navigateur, qui rappelle d'elle-même le taux actif dès que vous ouvrez une page de boutique. Les nouveaux comptes peuvent aussi utiliser le bonus de bienvenue. Le taux actuel pour Snipes est ici, et si une transaction ne se valide pas, le centre d'aide décrit la procédure de réclamation.
Et une chose qui n'est pas une chaussure. Si vous marchez sur des trottoirs verglacés, aucune de ces sept propositions ne résout le problème de la glace mouillée à zéro degré, car d'après les données SATRA aucune semelle conventionnelle ne le fait. Un sur-chaussant à crampons coûte moins que l'écart de prix entre deux modèles de cette liste et c'est la seule chose de ce guide qui change le coefficient de frottement d'un ordre de grandeur.
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Soleback Team
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